Douchy-Les-Mines

Implanté sur le site de « La Vergris », le centre de valorisation énergétique de Douchy-les-Mines appartient au Syndicat InterArrondissement de Valorisation et d’Elimination des Déchets (SIAVED). L’usine est située au bord de la Selle (classée rivière de catégorie 1 dans les objectifs de qualité de l’Agence de l’eau) et à proximité de l’autoroute A2 (Paris-Valenciennes-Bruxelles) et de la rocade allant vers Douai.
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Douchy-les-Mines
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Le plan départemental d’élimination des déchets ménagers, adopté en 2001, prévoyait à Douchy la mise en place de la valorisation énergétique dans le processus de traitement des déchets de l’usine. L’UIOM de Douchy-les-Mines a donc fait l’objet d’une importante modernisation en 2003 afin de devenir une unité de valorisation énergétique (UVE). Les travaux, terminés en 2004, ont permis de raccorder les fours à une chaudière et à un groupe turboalternateur d’une puissance de 6 MW.

C’est le 21 mai 2005 que le SIAVED a inauguré l’unité de valorisation énergétique de Douchy-les-Mines, qui anticipait déjà la future réglementation environnementale.

Depuis, l’usine exploitée par la SAS PROCYRDHIM (Groupe TIRU) traite, en les valorisant, 100% des 88 000 tonnes de déchets ménagers et hospitaliers qu’elle reçoit.

La valorisation énergétique permet alors la vente, en 2010, de 31 500 MWh électrique à EDF, soit la consommation électrique de 17 000 foyers (hors chauffage).

Les déchets traités à Douchy-les-Mines

Implantée en 1977 afin de traiter les ordures ménagères, l’installation de Douchy s’est vue autoriser l’élimination des déchets hospitaliers en 1991. Depuis 2004, l’installation traite 22 000 tonnes de déchets supplémentaires, passant ainsi d’une capacité nominale de 66 000 tonnes à 88 000 tonnes par an.

En 2010, Douchy a valorisé :

  • 84 110 tonnes de déchets ménagers ;
  • 3 760 tonnes de déchets ménagers banals (DMB) : encombrants collectés en porte-à-porte, refus de tri, déchets broyés chez Recydem (Barisien) ;
  • 5 957 tonnes de déchets hospitaliers (DASRI : déchets d’activité de soins à risques infectieux).

Les déchets ménagers et les DASRI, 2 flux distincts pour un même devenir : la valorisation thermique.

Après un passage devant deux détecteurs de radioactivité à l’entrée du site, chaque camion de collecte passe sur un pont-bascule où il y est pesé et identifié. Puis les flux de déchets sont différenciés :

  • les déchets ménagers sont réceptionnés dans la fosse de l’unité de valorisation thermique. Ils sont introduits dans les trémies d’alimentation des fours au moyen de deux grappins fonctionnant en semi-automatique.
  • les déchets hospitaliers sont réceptionnés en conteneurs hermétiques (chariots) dans un local spécifique et véhiculés par un transporteur automatique pour leur déversement dans les trémies d’alimentation des fours.

Les déchets d’activité de soins à risques infectieux

Les déchets d’activités de soins à risques infectieux (DASRI) doivent être conditionnés dans des récipients étanches et résistants mais facilement incinérables, à usage unique, avec un marquage apparent indiquant la nature des déchets et leur provenance. Ils sont incinérés 48h au plus tard après leur arrivée à l’usine. La manutention et le transport des récipients se font dans des conteneurs rigides, clos et à fond étanche de manière à éviter toute contamination jusqu’à leur introduction dans le four.

Après déchargement, les conteneurs sont lavés et désinfectés dans un local prévu à cet effet puis stockés. Les eaux de lavage des conteneurs sont injectées dans la chambre de combustion des fours à grille.

Une valorisation maximale des déchets

Les déchets reçus à l’UVE et leurs résidus après incinération sont traités et valorisés à 100% :

Valorisation énergétique :
La valorisation thermique des déchets se fait par 2 fours à grille d’une capacité unitaire de 5,5 tonnes/heure. La valorisation énergétique est réalisée au moyen de 2 chaudières de 15 tonnes/heure de vapeur à 360°C et à 40 bars. Le site utilise 10% de sa production d’énergie pour sa consommation électrique.

Valorisation matière :

  • les mâchefers sont les résidus de la combustion des déchets. Après une phase de maturation et de traitement, ils sont utilisés en sous-couches routières. Une tonne de déchets ménagers traitée au sein de l’unité produit 230 kg de mâchefers. Le taux d’imbrulés habituel est de l’ordre de 1 %, soit bien inférieur aux 3% réglementaires.
  • les ferrailles sont extraites par tri magnétique après la combustion. Elles sont envoyées à l’industrie sidérurgique où elles sont recyclées pour la fabrication d’acier. Avec 1 tonne de mâchefers, l’usine récupère 10 kg de ferrailles sur son site.
  • les métaux non-ferreux (cuivre et aluminium) sont extraits à raison de 8 kg par tonne de mâchefers récupérée, puis envoyés en métallurgie.
  • les REFIOM (Résidus d’Epuration des Fumées d’Incinération des Ordures Ménagères) sont valorisés en comblement d’une mine de sel allemande.

Les mesures de protection de l’environnement

L’air : les objectifs réglementaires atteints avec presque 2 ans d’avance !

Les fumées sont épurées par des procédés successifs :

  • Une injection d’ammoniaque pour éliminer les oxydes d’azote (NOx) ;
  • Un électro-filtre pour éliminer 95% des poussières ;
  • Un réacteur avec injection de bicarbonate de sodium et de charbon actif pour capter respectivement les gaz acides et les dioxines ;
  • Un filtre à manches complète le traitement des gaz et le dépoussiérage.

Des mesures en continu de tous les paramètres émis sont enregistrées sur chaque conduit de cheminée par :

  • mesure à ultrasons pour le débit des fumées ;
  • analyseur FTIR pour les gaz acides, le CO, … ;
  • mesure de la teneur en poussières par opacimétrie ;
  • mesure de l’oxygène par une sonde au zirconium.

Quatre fois par an (deux fois plus que l’exige la réglementation), des contrôles ponctuels sont effectués par un laboratoire extérieur afin de vérifier les mesures en continu et d’analyser les métaux lourds et les dioxines. L’ensemble des mesures en continu et ponctuelles est transmis à la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement), chargée de la surveillance des établissements classés pour la protection de l’environnement.

L’eau : un traitement exemplaire

 

  • Zéro rejet des eaux industrielles qui sont utilisées sur le site ;
  • Traitement des eaux sanitaires et des eaux pluviales géré par le syndicat d’assainissement ;
  • Division par 10 de la consommation d’eau de l’usine depuis la mise en service de la valorisation énergétique ;
  • Réemploi des eaux usées dans le process de l’UVE.

Le bruit : émergence inférieure à 2dB

Quasiment la totalité des équipements ont été monté dans des bâtiments fermés afin d’éviter la propagation du bruit dans l’environnement. L’isolation phonique a été également particulièrement étudiée pour les matériels bruyants. Par exemple :

  • le déchargement des véhicules s’effectue dans les bâtiments couverts ;
  • les soupapes de sécurité sont montées avec des silencieux individuels.