Accueil du site > Le saviez-vous ? > Idées reçues > Gérard Bertolini, directeur de recherche au CNRS

Gérard Bertolini, directeur de recherche au CNRS

Que penser de la mauvaise image de l’incinération dans le public ?
Le déchet, c’est les autres ! Avant toute chose, les gens doivent se réapproprier leurs déchets. C’est un préambule à toute forme de concertation et sans cette réappropriation psychologique, l’exercice est difficile sinon impossible.

En la matière existe-t-il des exemples de réussite ?
Oui, notamment en Autriche qu’on ne peut décemment pas suspecter d’être anti-environnement. A Vienne, les habitants sont fiers de leur incinérateur qu’ils considèrent comme un modèle d’intégration industrielle, tant sur le plan technique que sur le plan esthétique ! L’image de l’incinération est donc très différente selon les pays et on constate que ceux qui ont une sensibilité environnementale réelle, qui sont généralement plus pragmatiques, et culturellement moins hermétiques à la technologie arrivent à des accords largement concertés. Et les exemples ne manquent pas : le Japon, la Suisse, les Pays Bas…

Quel est selon vous leur secret ?
Ce sont pour la plupart des pays riches, avec une densité de population importante ce qui oblige chaque individu à être plus responsable vis-à-vis de la communauté. Enfin, il est de tradition dans ces pays de négocier par la concertation plutôt que de se laisser aller à des blocages institutionnels ou émotionnels.